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Monographie de Notre Dame des Millières et divers Savoie

L'alpage de Notre Dame Des Millières

Publié le 1 Mars 2016 par Abbatucci in Histoire

L'alpage de Notre Dame Des Millières

Présentation

« L’alpage est une portion de territoire toujours en herbe exploitée par pâturage extensif. Elle présente une unité géographique d’au moins 10 hectares et est soumise à une unité de gestion. Son utilisation est limitée à la période estivale et s’effectue généralement sans retour journalier des animaux au siège de l’exploitation. On distingue les unités d’altitude de celles d’altitude moyenne. Les premières sont situées au-dessus de l’habitat permanent et sont utilisées de juin à septembre, durant une période qui avoisine 120 jours. Les secondes sont situées au même niveau que l’habitat permanent et sont utilisées sur une plus longue période, de mai à octobre. » TERRITOIRE L’alpage, une tradition vivante et modernisée (Patrick Landrot) « L’alpage est a différencié du reste de l’agriculture car son mode opérationnel s’étend sur un temps limité de l’année et ce mode d’action agricole était très largement compris et vécu il y a quelques dizaine d’années encore sur des terrains limités (conférence donné par Jean Pierre Dubourgeat) « 1 alpage : l’Ebaudiaz – la Mouille situé sur le prolongement sud du Séchon, pentes nord – Nord-ouest de la chaine de la Lanche – Grand Arc entre 1450 et 1750m d’une contenance totale de 126ha » Les alpages de la Haute Combe de Savoie

Après avoir fait un tour dans les montagnettes les bovins et les ovins sont amenés en altitude a partir de juin/juillet pour profiter de l’herbe abondante des pâtures juste après les fêtes de la Saint Jean

Il faut remonter vers le XIII siècle pour comprendre pourquoi cet élément de la ruralité est devenu un patrimoine

« L’histoire des alpages de Savoie est étroitement liée aux moines. Ceux-ci sont présentés comme ayant crée au XIIème siècle la plupart des pâturages d'altitude. Ils sont également perçus comme les inventeurs des techniques de l'élevage savant et de la fabrication du fromage, techniques dont ils auraient généreusement fait don aux paysans. En fait, les premiers textes qui nous parlent de moines et d'alpages sont les chartes de donations conservées ou recopiées dans les cartulaires monastiques. » Moines et paysans sur les alpages de Savoie (XIe-XIIIe siècles) : mythe et réalité.

Les seigneurs comprirent très tôt le bénéfice qu’ils pouvaient retirer de l’exploitation de la montagne en utilisant leurs droits d’alpeages un impôt exigé à tous ceux qui voulaient faire paître leur troupeau. En 1730 environ ce droit coûte 50 livres, payable au seigneur de la Val d’Isère. Les communiers en étaient redevables mais beaucoup fraudaient.

L’église était albergataire du seigneur (elle possédait un bail de longue durée) cela a perduré jusqu’aux affranchissements de 1791 en contrepartie il (le seigneur) demandait au prêtre la bénédiction des troupeaux en juillet à leurs départ et une messe des alpages au mois d’août afin que la population soit directement concernée par devoir morale, religieux, voir-même par superstition (on demandait aux prêtres d’exorciser les troupeaux) de faire des prières aux saints protecteurs comme

  • Saint Antoine: Protecteur des troupeaux, (fête le 17 janvier).

  • Saint Guérin : guérisseur du bétail, (fête le 28 août).

  • Sainte Barbe: éloigne l'orage.

  • Saint Roch: protecteur des animaux.

  • Saint Jean Baptiste : patron des bergers

    Ces fêtes réunissaient l'ensemble des villageois, une occasion de se rencontrer , de partager de simples moments de bonheur

Dès lors cette pratique des alpages se perpétua siècle après siècle pour devenir un élément indispensable du patrimoine alpin

Notes

Coutumier du conseil de fabrique de Notre Dame des Millieres

Le fruit commun une montagne partagée

Le transport des troupeaux de la vallée aux alpages, (l’inalpage) se faisait aussi chez nos voisins de Sainte Hélène de nos jours se sont les étrangers au village qui viennent chez nous faire paître leurs troupeaux. Une économie montagnarde essentielle à toute vie d’agriculteur et d’éleveur. En effet quand l'herbe est maigre en plaine il faut emmener les troupeaux là ou l'herbe est grasse.

Autrefois nos sommets ressemblaient à de belles prairies entretenues par les animaux. Les saisons jouaient un rôle important, dans les diverses activités liées à la montagne, comme le débroussaillage, la coupe des foins, chaque agriculteur portant à son épaule sa’ feau’, un outil indispensable d'autrefois, on allait chercher l’herbe en altitude pour la descendre en traineaux ou luges (lige), afin de nourrir les bêtes lors de l’hivernage, un véritable travail de forçat

Les épouses avec leurs grands chapeaux de paille fournissaient l’intendance avec des paniers remplis de victuailles. Les diots mais aussi la polenta au blé noir accompagné d’une boisson 'bien de chez nous' Verser dans une casserole une bonne rasade de Clinton que l'on va chauffer juste assez avant de lui mettre une dose de miel

En fin de saison septembre/octobre les villageois assistent à la descente des alpages la fin d’un cycle, La vogue clôturait une saison de labeur

Pour connaître le nombre de paysans pouvant être concerné par cette mise en pâture on calculait le nombre de feux De nos jours on parle de recensement agricole

les troupeaux milliérains auparavant utilisaient l’alpage de la Thuile appartenant aux domaines de Sainte Hélène Sur Isère mais la commune se retrouva sans alpages en 1760 date de la séparation des villages de Sainte Hélène et de Notre Dame

Les conflits d'utilisation des prairies étaient permanents entre les deux villages car le bornage n’était pas réalisé, aucune carte ne permettait de résoudre les conflits entre les utilisateurs de la montagne. Notre Dame bien qu’ayant une grande surface communale avait une superficie de terres trop réduite par rapport aux ayant droit à la pâture,

Depuis le « 10 juin 1793 porte comme principe que tous les habitants domiciliés ont un droit égal aux fonds et revenus communaux sans distinction quelconque il fallait trouver de nouveaux alpages face au nombre de bêtes a mettre en pâture » Dans tous les cas on ne pouvait mettre en pâture qu’une seule vache par habitant . Les plus pauvres ici et ailleurs se plaignent du coût de la taxation de la bête mise en pâture

La montagne possède bien des terrains privés ou communaux mais pas suffisamment à cause de la situation géographique du village une montagne abrupt traversée par des talwegs dangereux pour les hommes et pour les bêtes

« La commune de Notre Dame des Millières acquis ’en 1876 la montagne de l’Ebaudiaz qui présentait un grand intérêt pour elle puisque voisine de la montagne communale de la Mouille moyennant le prix de 25500 francs d’un sieur Portier originaire de Sainte Hélène dont le bisaïeul l’avait achetée directement au comte de la Val d’Isère dans les années 1780 » Les alpages de la Haute Combe de Savoie

La solution serait de diminuer l’espace forestier : Par une délibération du 12 novembre 1893, le conseil municipal de Notre-Dame- des-Millières, maintenant sa délibération du 13 août précédent, demande l'abandon d'une partie de la forêt communale d'une étendue de 2 hectares 47 a. pour servir de passage au bétail qui se rend dans la montagne de Serre-Magnin dont l'acquisition a été faite récemment par la commune. Ce domaine se compose de deux tènements séparés l'un de l'autre par des propriétés particulières.
Par leurs rapports des 29 et 31 mai 1894, les agents forestiers font remarquer que les animaux peuvent être conduits aux pâturages de Serre-Magnin en utilisant les deux chemins existants dans la forêt, soit celui qui part du chalet des Mouilles et aboutit aux communaux de La Baudiaz attenant sur un point à Serre-Magnin, soit celui qui part du même chalet et aboutit directement à Serre-Magnin. Pour ce dernier chemin, il est nécessaire, afin d'éviter toute difficulté de passage sur un propriétaire voisin, d'ouvrir, sur une largeur de 10 mètres, un nouveau chemin de 70 mè
tres de longueur.

La politique de la montagne est ancienne. Elle remonte aux premières mesures prises en 1860 pour limiter les effets catastrophiques de l’érosion. Cette politique de restauration et de conservation des terrains en montagne était menée par l’administration forestière et concernait déjà, pour partie, le pastoralisme
1894 L'administration forestière fait ensuite valoir les diverses considérations qui s'opposent à.la distraction demandée par la commune de Notre Dame Des Millières et qui aurait pour conséquence de réduire l'étendue de la forêt communale, déjà peu importante, pour procurer des ressources à la commune et de priver ensuite celle-ci des bois de service que l'on rencontre dans le canton des Mouilles et qui doivent être réservés pour les réparations à faire aux six chalets communaux situés à proximité de ce canton. Ces terrains sont d'ailleurs parfaitement boisés et se composent d'un jeune peuplement de 20 à 70 ans. La distraction aurait aussi pour effet de scinder en deux le canton des Mouilles soumis au régime forestier.
Pour tous ces motifs, les agents forestiers proposent le rejet de la demande dont il s'agit, sauf à accorder l'ouverture dans la forêt d'un nouveau chemin qui relierait le chalet des Mouilles aux pâturages de Serre-Magnin.
Le conseil municipal de Notre-Dame-des-Millières à qui j'ai donné connaissance des explications précédentes, tout en reconnaissant, par une nouvelle délibération du 10 juin qu'à la rigueur le chemin accordé par l'administration forestière serait suffisant pour le passage du bétail, renouvelle sa demande en distraction en insistant sur ce point que cette partie de terrains convertie en pâturage serait d'un grand rapport pour la commune. (Rappo
rt du conseil général de Savoie).

La deuxième guerre mondiale créa un coup d’arrêt et à son developpement dés lors l'Alpage ou du moins une grande partie fut envahie par la forêt de sapins On ne pourrait plus reconnaître les formes de la montagne d’hier. Prenant de plus en plus d’espace à cause de l’abandon de la terre par les hommes Cependant cet espace réinvestie par l'homme de nos jours en été par les randonneurs, la chaleur est difficilement supportable, heureusement le flan de la montagne est balayé parfois par un vent frais.Les chasseurs

L’organisation et le travail en montagne

Le travail en montagne était quelquefois retranscris par les citadins avec une sorte de désinvolture et beaucoup de fantaisies : 1833 «l’asile de pâtres vigoureux qui vivent dans ce lieu , séparés du reste du monde , et ne connaissent d’autres sociétés que celle de leurs troupeaux et des étrangers qui visitent ces solitudes alpestres…… couverts a peine d’une toile grise et grossière …..A côté de leurs ustensiles nécessaires à leurs aliments et à la préparation de leurs fromages, qui forment la partie la plus substantielle de leur nourriture …..Leurs occupations journalières sont de recueillir le lait des troupeaux et de le convertir en fromages » Hilaire Sazerac « Chalets alpestre »

« L’exploitation de la montagne dépendait du conseil municipal qui désignait soit une commission comme à Sainte Hélène et à Notre Dame des Millières (composée pour trois ans du maire, d’un conseiller municipal et d’un propriétaire) soit un administrateur- gouverneur à Monthion (ces fonctions étaient incompatibles avec celles de syndic et conseiller) pour en assurer l’administration sous son contrôle » Les alpages de la Haute Combe de Savoie par Jean-Pierre Dubourgeat.

Ses membres désignaient les dates d’inalpage et les différents personnels qualifiés comme :

- le fruitier,

- le ou les bergers,

- le gouverneur,

- le séracier,

- le bottier

Ovins, bovins, caprins,

‘Les Tarines’ sont d’une race très spéciale, a robe brune, dont les extrémités sont noirs en particuliers ses yeux bien cerclés de noir, portant à leur cou le carron ou les campanes. Il faut savoir que les caractéristiques de cette mignonne petite vache ont été validées à Moutiers en 1866

« La vache Tarentaise appartient au rameau brun. Certains considèrent qu'elle est issue de vaches africaines arrivées en Espagne avec les Arabes puis s'est répandue en France (c'est une cousine de l’Aubrac). Elle s'est installée dans la vallée de la Tarentaise dans le département de la Savoie. D'autres attribuent l'origine zootechnique de la Tarentaise à un croisement entre les deux souches Bos taurus jurassicus et Bos taurus alpinus, toutes deux provenant de populations fauves ou brunes venues du continent Indo-Asiatique à travers l'Europe centrale. Dès les premiers écrits de notre civilisation, Pline l'Ancien découvrait cette « race des Alpes ». Déjà il vantait « les qualités laitières de ces petites vaches » dans son œuvre: L'Histoire Naturelle. » Wikipedia

L’abondance’ : L’Abondance est une vache de taille moyenne (140 cm au sacrum) et son poids se situe à environ 650 kg. Son ventre est généralement blanc et sa robe uniformément pie rouge acajou. Sa tête est blanche avec un épais chignon blanc et des cornes claires et assez longues (incurvées vers l'avant puis qui remontent vers l'arrière), le pourtour des yeux, tout comme les oreilles, sont acajou, signe d’une adaptation au milieu montagnard où les agressions lumineuses du soleil sont plus fortes : Les tâches sombres atténuent la réverbération et protègent l’œil des maladies ophtalmiques. Son squelette est fin, ses pattes sont fines, sèches et allantes, signe d’une adaptation à la marche. Sa profondeur de flanc lui permet de manger de grandes quantités d'herbe et de foin. Tout ceci en fait une vache parfaitement adaptée aux milieux montagneux et difficiles. Extrait du site de la CORAM

Exporté dans le monde entier elles peuvent supporter un séjour à 2500m d’altitude de juin à septembre d’une robustesse légendaire elle a été introduite en tant que laitière pouvant produire un lait de qualité a partir de fourrage ordinaire une race de montagne exportée dans de nombreux pays

Chalet d’alpage

Les chalets d’alpages font parti intégrante de notre paysage alpestre pour sa construction on se servait des matériaux que l'on trouvait facilement en forêt ''le bois'' Ce bâti d'alpage était constitué d'un assemblage de madrier une première partie empierrée, pour éviter l'intrusion des rongeurs sa construction était réglementée

1730 Un bâtiment d’alpage est visible sur la mappe Sarde parcelle 2900 vue 9

1914 Le conseil général donne 275 francs pour la construction d’un chalet

1872 Les conditions climatiques étant extrêmement dures Le maire et le conseil municipal envisagent la construction d’un abri dans la montagne, un chalet communal qui sera principalement réservé pour le berger, il ne sera réalisé qu’en 1899

La loi du 9 janvier 1985 relative au développement et à la protection de la montagne, dite loi montagne, n'autorisait que les constructions nécessaires aux activités agricoles, pastorales et forestières. Les travaux de construction ou de rénovation n'étaient limités qu'aux chalets d'alpage où s'exerçaient ces activités productives. Pour éviter la dégradation des anciens chalets d'alpage, voire leur disparition du fait de la désaffectation des activités agricoles, la loi du 9 février 1994 permet la restauration ou la reconstruction de chalets d'alpage, à titre dérogatoire, sous certaines conditions

Les fruitiers

La commune voisine de Sainte Hélène payait un fruitier (un suisse) en 1773, il devait conduire les bestiaux à la montagne, faire le beurre et bien sur le gruyère, quand était-il a cette même époque pour notre commune ? Certainement la même chose

Le village possédait une fruitière un lieu où l’on faisait l’emmenthal, n’ayant pas de renseignements concrets sur son sujet elle devait posséder ,trois chambres la froide , la chaude et la cave de vieillissement et le laitier installer sans aucun doute face à la partie nord servant a rafraîchir la surface du lait.

Le fruitier ( maître fromager) a pour fonction de s’occuper de la fabrication du fromage ( locataire ou propriétaire de la fruitière) elle est communale

Une vieille coutume Millieraine qui existait au début 19 ° siècle, mais qui devait être encore bien antérieur à cette date voulait que l’on donnait 3 pièces de gruyère au curé pour bénir les veaux et les génisses pour leur bénédiction et dire une messe à la Saint Jean, Saint Antoine, Saint Sébastien, Saint François de Sales

1908 Un versement de 70 francs a été alloué par le conseil général pour la fruitière de Notre Dame des Millières

Le 16 septembre 1911 le prix des vivres augmentent. Dans les fermes on va traire les vaches et les chèvres à la lampe à pétrole, il n’y a pas de jour de repos car la traite n’attend pas au début chacun travaille pour son compte puis les années venant on commence a s’associer de la sont nés L'union des consommateurs et l'union des producteurs de Notre Dame Des Millieres et des environs qui s'entendent pour essayer de fixer les prix, malgré la libre concurrence

1927 Il y a deux fruitières sur la commune en 1944-45 C’est monsieur Grosjean qui va chercher le lait à la fruitière puis il repart sur Sainte Hélène.

« Une loi pastorale fut votée en 1972 pour relancer les alpages afin de préserver les paysages, de lutter contre les friches aux abords des villages d'altitude, mais aussi pour protéger les domaines skiables alors en pleine expansion, des zones sujettes aux glissements de terrain en l'absence de pâturages estivaux. »

1930 Le nombre de bovins est toujours en expansion

1950 L’arrivée des véhicules automobiles va inverser cette tendance

1998 Lors du recensement agricole on comptait 160 bovins sur le territoire communal.

2004 On prévoit des travaux dans la commune ; Le captage de la source de la bergerie doit être refait. Un périmètre de protection sera réalisé pour protéger celle-ci afin de continuer la fabrication du fromage et de maintenir le patrimoine

La piste a été réalisée pour ces travaux. Elle servira aussi dans le futur à u épandage du lisier (construction d'une fosse) Jean-Luc Brunier-Coulin ‘ Echo des Millieres’

Notes :

Inalpage : séjour en alpage

Seille : le seau qu’on utilise pour la traite

Fruitière vient du latin fructus fruit, faire fructifier le lait en sorte de faire des réserves pour l’hiver

Le lait, le fromage, le beurre .

Au moyen âge on buvait énormément de lait, puis vint le fromage et le beurre que l'on fabriquait dans les barattes chaque famille pouvait faire son beurre Ceux qui possédaient deux vaches avaient de la chance, cela permettait de faire vivre sa petite famille.

Le pesage du lait : se faisait en été entre juillet et août

Le mot gruyère est très peu utilisé, le terme consacré pour signifier gruyère étant fromage. C'est un usage général en Savoie. Depuis 1640 environ venant de Suisse Les autres variétés de fromage sont dénommées directement par

leurs appellations génériques : tomme, reblochon, persillé… » La plus ancienne mention du mot gruyère appelé aussi " grevire ", se trouve dans une quittance du 6 juin 1638 : " vingt florins pour le reste de la vente de fromage en forme de gruiere… »" Hélène Viallet : Les alpages et la vie d'une communauté montagnarde…, page 96.

On ne sait que peu de chose sur ce que devait être un fromage à l'époque. Une lettre de Me Ambroise Blanc du Beaufortain écrite en 1834, laisse supposer que les goûts ont dus évoluer : " …Il fait la marchandise trop ouverte, habitude qu'il a sans doute contracté dans la Comté, ce qui ne vaut rien pour nous, attendu que nous n'avons point de relation avec la France, où cette marchandise serait bonne, mais non pour le Piémont où on la veut serrée et à petit œil de perdrix. " Hélène Viallet : Les alpages et la vie d'une communauté montagnarde…, page 186".

Actuellement seul le gruyère possède de grandes ouvertures (les trous !), le Beaufort n'ayant pratiquement pas d'ouvertures et toujours très petites. Le Comté quant à lui possédait il n'y a pas si longtemps des ouvertures conséquentes, puis suite à une lente évolution, il a peu à peu perdu cette caractéristique.

Enfin, nous savons qu’Il y avait aussi les jours de fête comme celle de la pesée ou hommes et femmes montaient, avec des victuailles pour faire la fête La pesée en elle-même donnait l’estimation de lait produit par une vache Depuis 1860 L’état fait procéder a des analyses du lait

Le 19 avril 1998 : exposition à Notre Dame ‘Histoire de fromages’ Par les amis de la bibliothèque ; « Bien sûr, cette année il ne fallait pas être allergique aux fromages ! car tout était axé sur le lait et les fromages , des livres ,documents, et affiches étaient a la disposition des visiteurs pour suivre les travaux nécessaires à la fabrication du fromage pour beaucoup et en particulier pour les jeunes citadins ce fut une découverte De nombreuses personnes n’avaient jamais vu de près un seillon ou une seille une brinde ou une bouille, un grand chaudron, un moule à reblochon, un cercle à Beaufort, une presse à Beau de Termignon, un moule a beurre décoré a la main, une branche à Serac, des barattes a beurre etc… Les personnes ne connaissant pas la fabrication du Beaufort ont pu , grâce a des tableaux, suivre le cheminement à partir de la traite jusqu'à l’affinage Différents fromages de Savoie étaient exposés comme le Beaufort , Le Tamié , la Tomme, le reblochon, le fromage de chèvres

Les jeunes élèves du secteur avaient des enquêtes a faire pour découvrir un peu mieux l’histoire locale » Dauphiné libérée

Tous les ans le 21 juin a lieu la montée en alpages après avoir passé l’hiver dans la grange, Parfois on découvrait une bête qui s’était cassée une patte il fallait alors l’abattre eon partageait la viande au plus vite entre voisins mais la crainte de nos anciens comme celle de nos jours se résumaient à La fièvre aphteuse. Le 31/10/1914 Monsieur le préfet déclare notre canton infecté par la fièvre, d’autres maladies comme le charbon ou la tuberculose le pissement de sang, et l'enflure peut-être aussi les attaques de loup mais les inventaires des archives ne mentionnent aucun acte du fait de cet animal dans la commune pourtant on rencontre à travers différents écrits la présence du loup depuis la fin du XIII° siècle. Au début du XVIII° on compte que 11 loups ont été tués sur le département

1996 - Le territoire de la commune est situé en zone d’alpage sur une superficie de 106 ha. Selon l’enquête pastorale. Début octobre, les brebis de Haute-Savoie descendent de L’Ebaudiaz pour passer l'hiver dans leur bergerie.

Des conseils pastoraux qui incluaient des règles communautaire contrôlaient la pesée le nombre du troupeau les tours de corvées qui entretenaient le bien commun

2009 Captage de la source de la bergerie doit être refaite construction d’une fosse pour le lisier

2012 Trois coulées de neige écrase le toit de la bergerie a l’Ebaudiaz

2013 Alpage de l’Ebaudiaz . Comme chaque année, une équipe de bénévoles s’est donnée rendez-vous le samedi 16 Juin pour entretenir l’alpage de l’Ebaudiaz en fauchant la plante dénommée « fausse gentiane ». Dans la bonne humeur et avec un temps agréable cette équipe a coupé cette plante sur environ 10ha et après ce dur labeur un repas convivial en compagnie d’André l’alpagiste et de son épouse a terminé cette journée. La commune remercie ces bénévoles pour le travail fourni

Zone pastorale de L’ebaudiaz 124 hectares

de Montermont 55,73 hectares

du Pommarey 22,63 hectares

Conclusion

Jusque dans les années 30 la croissance du nombre de bêtes pouvant être mis en pâture ne cessa d’augmenter mais l’après-guerre fut un tournant du déclin rural l’industrialisation, l’urbanisation, l’expansion des routes réduisitrent petit à petit le périmètre de ce patrimoine ancestral

Aujourd’hui ne subsiste que quelques propriétaires de troupeau la forêt et le bâti n’ont de cesse de rogner sur les prairies naturelles. Une ère nouvelle se profile à l’horizon le tourisme l’activité du vol à voile la persévérance des bergers.

Qu’elle sera les choix de la mairie face à son avenir, la croissance de sa population et l’importance de la conservation de son patrimoine naturel, qui font l’originalité foncière de ce village

http:// millierains.canalblog.com

Fait à Notre Dame Des Millières le 24/06/2015

Abbatucci Charles René

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