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Monographie de Notre Dame des Millières et divers Savoie

Notre Dame Des Millieres ''La montagne , La Foret''

Publié le 8 Septembre 2015 par Abbatucci in Histoire

Notre Dame Des Millieres ''La montagne , La Foret''

La montagne

La forêt son exploitation

Présentation

Notre Dame des Millières possède de grands domaines forestiers la forêt domaniale du Grand Arc comprenant la forêt de l’Ebaudiaz depuis 1876, du Praz Charrier, et de l’Hermetaz. Traversés par des chemins muletiers.

- Sur les coteaux entre 300 à 500m : ’une multitude de petites parcelles de terrains familiaux avec des arbres fruitiers (pommiers poiriers noyers) mais aussi des plantations de vignes (1920)

- De 500 à 800m le châtaignier remplace le chêne au 13ème siècle, aux lieux-dits ‘’la Comba’’, et ‘’Au Chêne’’.

- A partir de 900m le hêtre, l’épicéa, le sapin, le bouleau, le merisier, l’érable

- A partir de 1600m les arcosses sur des terrains dénudés signalent la présence d’anciens alpages au-dessus le territoire des rhododendrons, des renoncules et autres fleurs de haute montagne

Aperçu géologique

Notre Dame comme les communes voisines se trouvent sur un sol à caractère calcaire et schisteux et sur les cimes de l'Arc, (2483m) on retrouve des massifs de types cristallins Dans la vallée l'Isère, cette rivière était à l'ère quaternaire un grand glacier

Deux sommets La Grande Lanche qui culmine à 2110 m et la Dent du Corbeau à 2286 m

Trois talwegs à flancs de montagne créent par l’érosion des eaux des torrents

Ou l’on peut noter la présence de marnes noires alternant avec des calcaires marneux et schisteux

L’économie forestière

  • Au moyen âge les arsenaux des comtes de Provence exigeait pour la construction de navires une quantité non négligeable de billes de bois qui étaient acheminées par le Rhône via l’Isère, direction Marseille le grand arsenal de construction militaire Les galères se dirigeant ensuite vers Nice la grande ville savoyarde acquise en 1388
  • Le Hêtre servait à la fabrication du charbon de bois dans les charbonnières
  • L’installation des hauts fourneaux à sainte Hélène exigeait une grande consommation de bois
  • Les fours à pain, les forges ,les artifices divers utilisaient le bois
  • Le bois élément incontournable pour la fabrication des maisons
  • Le bois destiné a l’ameublement comme le hêtre
  • Le bois indispensable pour le chauffage
  • Le châtaigner comme ressource alimentaire supplémentaire la châtaigne pouvant être transformée en farine ou cuite sur le feu, en cuisine transformé en purée
  • Le chêne pour la production des glands misent en farine pour les porcs, le bois pour la charpente
  • Le noyer et le noisetier pour leurs huiles et pour la vannerie
  • L’utilisation du bois dans les mines et carrières environnantes
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XIXème siècle

1821 - Sur une forêt de 44 journaux, appartenant à Notre Dame des Millières un habitant de Sainte Hélène, M.PORTIER propriétaire d’une scierie a fait couper 14 journaux sur cette forêt pour son propre compte. Un décret du sénat exigera qu’il arrête son abattage. Décret du 15 septembre 1932, 37 ha de forêt sont en protection contre les avalanches

1867 2 décembre - La direction générale des forets avec l’avis de la commune constate que la contenance des bois et de 124 hectares, elle préconise qu’elles seront divisés en deux sections, l’une en futaie de 104 hectares, l’autre en taillis de 20 hectares, dont érables châtaignés aulnes, bouleaux, hêtres, sapins. Certains de nos milliérains après avoir connu la coupe de bois et les descentes de bois par le câble ils exploitèrent le sapin en plaine comme Jean Baudin.

Le 4 octobre 1868 Michel POMMET sera entrepreneur et responsable de coupe, pour traîner les grosses billes de bois on utilisait des bœufs, des bêtes solides et endurantes en 1840 le prix d’une paire valait environ 1000 francs. Les bûcherons d’autrefois, après avoir fait annuellement une coupe de nettoiement du bois celui-ci était coupés en plusieurs dimensions le petit bois était descendu soit par traîneaux soit sur dos d’hommes le reste est dirigé vers les marchands de bois tel monsieur Morin connu vers le milieu du XXème siècle. Avec l’arrivée d’émigrants italiens la coupe en forêt se fera avec les câbles aériens la descente du bois se fera avec un pavage de rondin sur tout le parcours de descente du on installe des rondins perpendiculairement a la descente mais cela exige énormément de surveillance le danger est omniprésent Le long de la pente des guetteurs sont mis en place

1869 a 1872 - On retrouve dans le rôle d’affouage de la commune les noms suivant ISAAC Jean, André AVENIER, Pierre MERCIER, Antoine GRANGE, François MASSET, Jean COULIN. L'affouage est en fait, une jouissance en nature (coupe de bois) pour le chauffage c’est un avantage économique pour les habitants de la commune en contrepartie ils effectuent des corvées soit ils payent un impôt

1871 la forêt se concentre sur une altitude allant de 1140m et 1730m (129 hectares)

1899 La forêt comporte 40% d’épicea;10% de sapins;20% de hêtres,

- L'affouage: jouissance de produits ligneux d'une forêt communale au profit des habitants de cette commune, on peut considérer que c'est aussi une expression désignant une portion de coupes bien entendu en contrepartie le communier devait verser un droit

- Le droit de l’usage des forets : taxe sur les prélèvements de bois effectués par les bucherons sur des terrains privée ou communaux

- Acensement : Une concession de terrain moyennant une redevance

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XXème siècle La conservation du patrimoine

1905 Par décret du 23 décembre Il a été procédé également, par le service ordinaire, à l'aménagement d'une forêt communale dans l'arrondissement d'Albertville (forêt de Notre-Dame-des-Millières, 129 hectares et 14 ares). Les opérations d'aménagement comportent non seulement l'étude de la forêt et la détermination de la possibilité, mais elles ont aussi pour objet la reconnaissance et la fixation des limites du périmètre au moyen de signes matériels de bornage (bornes, fossés, croix gravées sur rochers).

1914 Construction d’un abri (chalet) pastorale avec une subvention du conseil général de 275 francs

1923 Joseph Cahier d’Héry cesse sa carrière de brigadier (eaux et forêts) à l’âge de 56 ans

1926 le 4 mai la foret est porté en classement d’utilité publique (rapport et délibérations du conseil général de Savoie)

1932 - Le 15 septembre le massif forestier de Notre Dame a été classé en forêt de protection contre les avalanches Suivant le décret du 2 août 1923 qui imposé son classement d’utilité publique

1966 21 juillet La mairie commence les travaux de stabilisation de la route forestière

1969 30 juin -La mairie confie a l’ONF l’établissement du projet de construction de la route forestière de Praz-Charrier.

1973 Création de la piste forestière le 23 novembre (Archives communal)

1974 Les pommiers Taillefer situé au chef-lieu seront vendus pour la coupe.

8 avril 2000 exposition sur le bois : « Dernièrement la bibliothèque municipale et les enseignants de l’école primaire ont mis en place dans leurs locaux de la mairie et de la bibliothèque une très intéressante exposition sur le bois Pour l’équipe organisatrice il a fallu beaucoup de temps et de patience pour trouver des objets, instruments documentation sur le bois. Le résultat était édifiant et les visiteurs ont été émerveillés par tant de richesses cachées. Du marteau de charpentier à la chignole en passant par différentes scies ( passe-partout),crocodile, a déligner, à chantourner, à araser) , la plane, le racloir, la râpe, l’herminette, le trusquin, la variope, le guillaume, le jabloir, le tarabiscot, la serpe, l’équerre à onglet, etc… les outils anciens ont du faire rêver les plus ancien ! sur l’établi on pouvait reconnaître les ciseaux, le maillet, l’équerre, la vrille, le serre joint, les mèches, le compas, le marteau, le rabot l’équerre a combinaison, les chevilles, etc… Des panneaux montraient les ateliers de Marcel et Rémi BLANCHIN (scieurs de long, équarrisseurs, au passe-partout) » Dauphiné libérée

2004 L’ONF, présente au conseil municipal le programme d’actions pour cette année, les coupes mises en vente représenterai un volume total estimé a 339M3.

2008 La forêt communale représente 129,90 ha La moyenne du bilan des recettes annuelles hors impôt est d’environ 13900E pour 4220E de dépenses

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La forêt publique est régie par un régime de droit particulier : le régime forestier, afin d'en assurer la conservation et la bonne gestion. Les terrains relevant du régime forestier couvrent 102 400 ha (12 800 ha domaniaux et 89 600 ha appartenant à des collectivités, en majeure parte des communes) dont 16% ne sont pas boisés (espaces naturels situés en général en sommet de forêt ou zones rocheuses ou éboulis). La forêt publique est gérée par l'Office National des Forêts (établissement public à caractère industriel et commercial).

Les forêts publiques font, pour chacune d'elles, l'objet d'un plan de gestion, appelé aménagement forestier mis à jour tous les 15 à 20 ans

La forêt domaniale (propriété de l'Etat) est principalement d'origine RTM (Restauration des Terrains en Montagne), c'est-à-dire acquise par l'Etat à la fin du XIX ème siècle - début du XX ème siècle, afin de lutter contre l'érosion, notamment grâce au reboisement (ce qui explique sa très faible surface en forêt de production) Observatoire des Territoires de la Savoie

Impôts

Le seigneur comte de val d’Isère acense son patrimoine forestiers aux communiers ceux-ci devaient rendre une grande part de leurs ressources en impôt divers pour le seigneur. Cette période pour le village fut marquée par une forte démographie jusqu’en 1348 année de l’arrivée de la peste

En 1560 lors de la gabelle du sel une information importante la prédominance de l’élevage, ovins, bovins, caprins. La forêt devait avoir une superficie beaucoup moins importante que de nos jours, la montagne était en partie dénudé largement exploitée jusqu’à 1000m d’altitude.

1760 Acensement de la montagne (bois et prairies de Malanuit par le conseil de Fabrique à Louis Gumery pour la somme de 13 livres par an. Le contrat précise qu’il existe une hypothèque sur un terrain situé au hameau de Montermont A la même date suivant un arrêté préfectoral on commence a nommer des agents forestiers et des personnels chargés de reconnaitre les différentes ressources du bois type essence superficie etc…Les coupes de bois intempestives amène en 1779 a une procédure de justice menée contre des particuliers au sujet de coupes de bois dans la foret (ADS 201E depot8)

L’artisanat du bois

Le village était renommé pour sa fabrication d’instruments aratoires en bois et en fer (ADS FS589) : Du marteau de charpentier à la chignole en passant par différentes scies ( passe-partout),crocodile, a déligner, à chantourner, à araser) , la plane, le racloir, la râpe, l’herminette, le trusquin, la variope, le guillaume, le jabloir, le tarabiscot, la serpe, l’équerre à onglet, etc sur l’établi les ciseaux, le maillet, l’équerre, la vrille, le serre joint, les mèches, le compas, le marteau, le rabot l’équerre a combinaison, les chevilles et divers métiers s’y rapportant Ebénistes, menuisiers, charpentiers, bûcherons, sabotiers etc..

Faune

La foret est un habitat privilégié par une importante diversité d’animaux sauvage : sangliers, chevreuils, marmottes, renards, blaireaux, chamois, loups mais aussi des oiseaux chouettes, pivert, corbeaux, merles, grives, corbeaux etc

Chasse

1782 - Le gouverneur général du duché autorise une grande battue à l’ours (ADS C1444)

1924 Le 15 juillet Création de l’association «l’union des chasseurs» .

1958 La mairie décide de mettre des appâts empoisonnés pour détruire les campagnols.

1961Suite a de nombreuses plaintes des habitants la mairie organise une battue au renard le 29/ 01

05/02, le 12/02, les 19/02.Trois ans plus tard on recommence en 1964 le 01/03. Une battue aux renards est de nouveau organisée sur les terrains de tous les propriétaires de la commune et terrains communaux ayant cédé un droit de chasse à la société de chasse. Le président de l’association des chasseurs M. VELAT, organise la battue. (ADS 1Z 429), (Archives municipales)

2002 31 sangliers, 24 chevreuils, et un chamois ont été prélevés

2003 on comptait 58 adhérents à l’association de chasse

2004 quatre chèvres furent attaquées par des loups à la bergerie de l’Ebaudiaz

2005 De nombreux animaux sauvages parcourent notre forêt dont le chamois qui a été réintroduit par la société de chasse

Circuit de randonnée itinéraires

  1. Circuit de la Digue : piste de Karting, Centre équestre, Terre Neuve, Aérodrome
  2. Moulin Gailland : Le Moutonnet, les Côtes, le Chesnaye, Pommarey, Mairie
  3. L’Ebaudiaz : chalet, la grande Lanche, chalet du Séchon ( Monthion), chalet de l’Ebaudiaz

Les scieries

Celles-ci fonctionnaient grâce à un arbre à cames qui agissait sur un cadre de bois il faudrait remonter presque aux temps des romains pour voir fonctionner les premières utilisations de la force hydraulique. Elle ne travaillait que dans un sens, l ‘arbre à cames n’étant capable que de provoquer un mouvement a chuté. La lame intégrée a la partie coulissante ou l’on retrouve la butée. La plupart des maisons étant en bois le nombre de scieries évolua avec la démographie du territoire.

A partir du 15° siècle avec l’invention de la bielle qui traduit un mouvement de va-et-vient, s’ouvre une ère nouvelle pour l’industrie du bois. La fin de la scierie battante coïncidera avec l’apparition de l’électricité dans notre région

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1865 - Installation de la scierie FAVRE, et BRUNIER-COULIN sur le ruisseau le Pommarey. (ADS IR 1702 49SPC10). 1945 – Il possédait une scie a eau construite sur le local d’un ancien martinet situé au mas du Bourget qu’il a vendu a Josué Favre le 6 août 1854

Les bâtiments de M.MORAND sont loués par M.COMBAZ et installe une scierie. En 1970 son fils reprend l'affaire en 1987 il renouvelle complètement les machines. Suite a des problèmes de nuisances et de surface, M.COMBAZ s'installe en 2007 sur la ZI de Gilly

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1802 Création de la scierie a système hydraulique au lieu-dit le Bourget inscrite sur le cadastre N° 47-49-50- et 51 section E. Le 19 octobre1891 M.GRANGE cède la scierie à M. Auguste COLLOMBIER celui-ci l'échange devant notaire en mars 1902 à M. Louis BOUZON qui le revend à M.TISSOT en 1918 moyennant 3000 francs Jacques TANTOLLIN père en devient acquéreur puis son fils prend la relève En 2008 celui-ci entretien la scierie en parfait état de marche ils fabriquent encore des cagettes que tous le village apprécie pour leur solidité et pour leur emploi remplissage des pommes ou des noix ------------------------------

Une scierie appartenant à Claude Varnier est visible sur la mappe sarde de 1728 (parcelle 701). La scierie apparaît sur le cadastre napoléonien de 1809 (section C, feuille 1, parcelle 160). A cette date, les 3/4 du bâtiment appartiennent à Jean-Claude Thomasset et le reste appartient à Joseph Mermoz. Le 5 janvier 1861, le propriétaire, Joseph Brunier-Coulin demande le maintien en activité de la scierie. L'autorisation est accordée par arrêté préfectoral du 10 mai 1865. La scierie est visible sur le premier cadastre français de 1870 (section B, feuille1, parcelle 55). A cette date, elle appartient toujours à Joseph Brunier-Coulin. Le procès-verbal de récolement du 16 mars 1870 nous apprend que l'installation est conforme au règlement d'eau. Actuellement, le bâtiment de la scierie est toujours visible. Elle est sans affectation. (Article du patrimoine Rhône Alpin)

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Jean Girod (pharmacien à Aiguebelle) propriétaire d’une usine à extraction pyrogallique du bois de châtaignier sur le ruisseau des Moulins, demande l'autorisation de construire un moulin à huile et une scierie destinée à extraire du bois de châtaignier "un mordant servant pour la teinture" IR 1702 sous série (AD0, 49SPC110). L'autorisation est accordée par arrêté préfectoral du 29 mai 1892. Le procès-verbal de récolement du 25 novembre 1873 nous apprend que l’installation est conforme au règlement d'eau. Le site est visible sur le cadastre rénové de 1937. Scierie Girod (Extrait de l’inventaire du patrimoine Rhône Alpin)

Conclusion

Ce chapitre n’a pas la prétention d’être une étude exhaustive de la forêt de Notre Dame Des Millières dans son ensemble mais il permet d’avoir une idée de son développement a travers les siècles. Cette économie de montagne indispensable au village mais d’une utilisation incontrôlée et d’une fréquentation abusive de l’homme et des animaux en pâture provoquèrent des effets dévastateurs sur les surfaces forestière (dénaturation du paysage aggravation du phénomène d’érosion créant les fameuses coulées torrentielles qui bouleversèrent la vie du village quelques dates : crue du Sablon (1910), crues de l’Hermetaz (1766,1930), crue de la Combaz (1955,1981)

En 1930 La reprise en main de l’économie forestière par les agents de l’état et la prise de conscience des communes permirent une meilleure gestion de la forêt et de son environnement dans sa globalité

De nos jours la forêt gagne du terrain sur des domaines autrefois réservés à l’homme ou aux animaux En se promenant on peut apercevoir des monticules empierrés indice que ces terrains avaient été autrefois entretenue pour des raisons agricoles, ou de pâtures

Fait à Notre dame des Millières le 30 avril 2014

Abbatucci Charles rené

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